Qui doit en demander une, à quelles conditions, comment faire la demande sur MyGuichet.lu et pour combien : le point complet sur le sésame qui conditionne toute création d'entreprise.

En bref. Au Luxembourg, presque toute activité économique exercée de manière habituelle exige une autorisation d'établissement avant de démarrer. Elle est délivrée par le ministère de l'Économie à l'entreprise qui remplit quatre conditions : honorabilité professionnelle, qualification quand elle est requise, installation matérielle sur place et gestion effective et permanente par le dirigeant. La demande se fait en ligne sur MyGuichet.lu, coûte 50 € de droits de chancellerie, et l'administration répond en principe dans les 3 mois. Sans réponse dans ce délai, l'autorisation est réputée accordée.

C'est la première pièce du dossier de création, et c'est aussi celle qui bloque le plus souvent le calendrier d'un futur dirigeant. On signe des statuts, on ouvre un compte, on choisit un nom, et on découvre que rien ne peut légalement commencer tant que ce document n'est pas là. Voici, sans jargon, qui doit en demander une, à quelles conditions, comment procéder et pour combien. Les informations réglementaires ci-dessous proviennent de Guichet.lu et de la loi du 2 septembre 2011, consultés en août 2026.

Qu'est-ce que l'autorisation d'établissement, et qui doit en demander une ?

L'autorisation d'établissement, parfois appelée « droit d'établissement » ou « autorisation de commerce », est le titre qui vous permet d'exercer légalement une activité économique au Luxembourg. Sauf exceptions, elle est exigée dès qu'une activité est exercée de manière habituelle, que vous vous installiez comme indépendant ou sous forme de société.

Trois grandes familles d'activités sont concernées : les activités commerciales (commerce, Horeca, transports, industrie), les activités artisanales (alimentation, mode, construction, mécanique, métiers de bouche) et certaines professions libérales à caractère intellectuel prépondérant. Le ministère de l'Économie publie la liste exhaustive des activités soumises à autorisation. Quelques cas y échappent : le journaliste, l'auteur qui n'est pas en autoédition, ou encore un projet scolaire à but pédagogique qui ne dépasse pas 35 000 € de chiffre d'affaires annuel hors taxe.

Certaines professions libérales réglementées, comme l'avocat, le médecin, le dentiste, le vétérinaire ou le réviseur d'entreprises, relèvent d'autres lois que celle du droit d'établissement et suivent leur propre régime d'accès.

Les conditions pour l'obtenir

L'autorisation est délivrée à l'entreprise si le dirigeant remplit les conditions fixées par la loi du 2 septembre 2011. Elles tiennent en quatre points, et chacune fait l'objet d'une vérification.

  • L'honorabilité professionnelle. Le dirigeant ne doit pas avoir eu un comportement, dans ses activités passées, qui compromette sa fiabilité. Un extrait de casier judiciaire et, selon les cas, une déclaration sur l'honneur sont demandés.
  • La qualification professionnelle, lorsqu'elle est requise. Elle s'apprécie par un diplôme, un brevet de maîtrise ou une expérience professionnelle reconnue, selon l'activité visée. Une partie des métiers commerciaux et certains métiers artisanaux de la liste C en sont dispensés.
  • L'établissement au Luxembourg. L'autorisation n'est délivrée que s'il existe, sur place, une installation matérielle appropriée à la nature et à la dimension de l'activité. Une adresse de simple boîte aux lettres ne suffit pas.
  • La gestion effective et permanente. Le détenteur de l'autorisation doit assurer, par une présence physique réelle, la gestion journalière de l'entreprise, et avoir un lien réel avec elle (propriétaire ou mandataire). Le prête-nom, le dirigeant de façade, est précisément ce que cette condition vise à écarter.

À cela s'ajoute une exigence de conformité : le dirigeant ne doit pas s'être soustrait, par le passé, à ses charges fiscales et sociales. Enfin, l'octroi définitif de l'autorisation suppose l'enregistrement de la société au registre de commerce et des sociétés (RCS). Autorisation et immatriculation avancent donc de front.

Comment faire la demande, et pour combien ?

La voie recommandée est la demande en ligne, depuis l'espace professionnel de MyGuichet.lu, au moyen d'un certificat LuxTrust. L'intérêt est concret : vous payez le droit de chancellerie directement en ligne, vous recevez les courriers de l'administration dans une messagerie sécurisée, et l'autorisation vous est délivrée dans le même espace. Une demande par voie postale reste possible, avec une preuve de paiement jointe. Selon les informations saisies, le système détermine lui-même les pièces à joindre.

Le coût est fixe : les droits de chancellerie s'élèvent à 50 €, réglés en ligne par carte ou Payconiq, ou par timbre fiscal et virement en cas de demande papier. Il n'y a pas de frais proportionnels au chiffre d'affaires ou à la forme de société.

ÉtapeCe qu'il faut retenir
En ligne sur MyGuichet.lu (LuxTrust) ou par courrier
Coût50 € de droits de chancellerie
DélaiEn principe 3 mois après réception du dossier complet
Silence de l'administrationVaut autorisation tacite au terme des 3 mois
AutoritéMinistère de l'Économie, Direction générale PME, artisanat et commerce

Le point le moins connu est la règle du silence : passé le délai de trois mois sans réponse sur un dossier complet, l'autorisation est réputée accordée. « Dossier complet » est la nuance qui compte, car une pièce manquante remet le compteur en attente. C'est la raison pour laquelle un dossier bien monté du premier coup fait gagner des semaines.

Une fois l'autorisation obtenue

Le travail administratif ne s'arrête pas à la délivrance. Un code-barres à deux dimensions est attribué à chaque autorisation. Il doit figurer sur vos courriers, e-mails, devis, factures, votre site internet, vos devantures et les panneaux de chantier. C'est aussi grâce à l'outil public de recherche des autorisations que vos clients ou partenaires peuvent vérifier que votre entreprise est bien en règle.

Suivent une série de démarches auprès d'autres organismes : affiliation à la sécurité sociale au Centre commun (CCSS), inscription auprès de la Chambre des Métiers ou de la Chambre de Commerce selon l'activité, et surtout la déclaration initiale auprès de l'Administration de l'enregistrement, des domaines et de la TVA pour obtenir votre numéro de TVA. Ce dernier point a son propre calendrier serré, que nous détaillons dans notre guide sur la comptabilité de la première année d'une société.

Enfin, l'autorisation n'est pas éternelle. Elle perd sa validité en cas d'inutilisation ou de cessation d'activité pendant plus de deux ans, de faillite, de mise en liquidation judiciaire ou de perte d'honorabilité. Certains changements (résidence du dirigeant, lieu d'exploitation, création d'une succursale) doivent être notifiés dans le mois. Un changement de dirigeant ou d'objet social, lui, impose de demander une nouvelle autorisation.

Où l'autorisation s'insère dans la création d'entreprise

L'autorisation d'établissement n'est pas une formalité isolée : c'est un maillon d'un enchaînement précis. Pour une société de capitaux, elle se demande en parallèle de la constitution, et son numéro doit figurer dans le dossier d'immatriculation au RCS. Pour une SARL-S, dont la vocation est justement l'accès rapide à l'activité, l'autorisation reste un préalable obligatoire avant l'inscription au registre. Et pour une SARL classique, elle s'ajoute au passage chez le notaire et au dépôt du capital.

Autrement dit, la forme juridique que vous choisissez change la mécanique de constitution, mais pas l'obligation d'autorisation. Le bon réflexe est de lancer la demande tôt, en même temps que la préparation des statuts, plutôt que de la découvrir comme un obstacle de dernière minute.

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Ce qui se passe si vous exercez sans autorisation

Ce n'est pas un risque théorique. En l'absence d'autorisation, la loi prévoit des sanctions pénales, qui peuvent aller de l'amende à la peine d'emprisonnement, ainsi que la fermeture provisoire de l'établissement. Au-delà de la sanction, exercer sans titre fragilise tout le reste : ouverture de compte bancaire refusée, contrats attaquables, impossibilité de facturer proprement. Le jeu n'en vaut jamais la chandelle, d'autant que le coût d'entrée se limite à 50 € et à un dossier bien préparé.

Notre rôle : de l'autorisation aux comptes tenus

Chez Advena, nous ne délivrons pas l'autorisation, c'est le ministère de l'Économie qui le fait. En revanche, nous aidons à préparer un dossier propre, à l'articuler avec l'immatriculation au RCS et la déclaration initiale de TVA, puis nous prenons le relais sur ce qui vient juste après : la tenue comptable. Trop d'entreprises obtiennent leur autorisation, démarrent leur activité, et laissent la comptabilité s'accumuler jusqu'à la première clôture.

Nous tenons vos comptes dans l'Odoo que nous paramétrons pour le PCN 2020, la TVA luxembourgeoise et l'export FAIA, à partir de 325 € par mois, tout compris. Vos flux bancaires et vos factures alimentent la comptabilité en continu, et vous lisez votre situation en temps réel plutôt qu'à la clôture. Le détail de cette approche est dans notre guide de la fiduciaire pour une PME.

Disons-le franchement : notre modèle vise la PME luxembourgeoise de 1 à 50 salariés qui veut piloter son activité. Si votre projet relève d'un montage complexe multi-juridictions, ou si vous cherchez simplement le prix plancher pour déposer un carton de factures une fois par an, un autre accompagnement vous conviendra mieux. Nous informons sur la règle et orientons ; nous ne remplaçons pas un conseil juridique sur votre situation particulière.

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Questions fréquentes

Combien coûte une autorisation d'établissement au Luxembourg ?

Les droits de chancellerie s'élèvent à 50 €, payés en ligne lors de la demande sur MyGuichet.lu, ou par timbre fiscal et virement en cas de demande postale. Il n'y a pas de frais supplémentaires proportionnels à l'activité.

Quel est le délai pour obtenir l'autorisation ?

L'administration traite le dossier en principe dans les trois mois suivant la réception d'un dossier complet. En l'absence de réponse au terme de ce délai, l'autorisation est réputée accordée.

Faut-il une qualification professionnelle pour l'obtenir ?

Cela dépend de l'activité. Une qualification (diplôme, brevet de maîtrise ou expérience reconnue) est exigée pour les professions libérales concernées et la plupart des métiers artisanaux, mais certaines activités commerciales et les métiers de la liste C en sont dispensés. L'honorabilité, elle, est toujours requise.

Peut-on créer une société avant d'avoir l'autorisation ?

La demande d'autorisation et la constitution avancent en parallèle, mais l'octroi définitif de l'autorisation suppose l'immatriculation de la société au RCS, et son numéro doit figurer au dossier. En pratique, on prépare les deux ensemble.

Comment vérifier qu'une entreprise dispose d'une autorisation ?

Le ministère de l'Économie met à disposition un outil public de recherche des autorisations d'établissement, qui permet de retrouver le numéro d'autorisation d'une entreprise et de confirmer qu'elle est en règle.

Pour aller plus loin

Pourquoi Advena ?

Nous sommes la fiduciaire luxembourgeoise qui tient vos comptes dans l'outil de gestion qu'elle a elle-même déployé chez vous. De la préparation du dossier de création à la tenue comptable en temps réel, tout est suivi au même endroit, avec un forfait annoncé d'avance à partir de 325 € par mois et un gestionnaire identifié. Nous informons sur la règle et l'articulons avec vos obligations comptables ; nous vous orientons vers un conseil spécialisé quand votre dossier le demande.

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