Depuis 2025, un régime simplifié exonère d'impôt 50 % de la rémunération brute annuelle, dans la limite de 400 000 €, pour un salarié recruté à l'étranger gagnant au moins 75 000 €. Conditions, durée de 8 ans et traitement sur la fiche de paie.
En bref. Depuis le 1er janvier 2025, le Luxembourg exonère d'impôt sur le revenu 50 % de la rémunération brute annuelle d'un salarié impatrié, dans la limite d'une rémunération de 400 000 €, soit jusqu'à 200 000 € exonérés par an. Il faut un salaire annuel brut d'au moins 75 000 €, ne pas avoir été résident fiscal luxembourgeois ni avoir vécu à moins de 150 km de la frontière durant les 5 années précédentes, et l'avantage court sur 8 ans. C'est un levier pour recruter un profil rare à l'international, pas une niche ouverte à tout salarié.
Quand une PME luxembourgeoise veut faire venir un profil qu'elle ne trouve pas sur le marché local, la question du net tombe vite : le candidat compare une offre au Grand-Duché à une offre ailleurs, et le poids de l'impôt fait souvent pencher la balance. Le régime des impatriés existe pour cette situation précise. Il a été profondément simplifié début 2025, et beaucoup d'employeurs raisonnent encore sur l'ancienne version. Voici ce que dit le régime aujourd'hui, qui peut vraiment en profiter, et comment il se traite sur la fiche de paie.
Qu'est-ce que le régime des impatriés au Luxembourg ?
Le régime des impatriés est un avantage fiscal réservé aux salariés hautement qualifiés et spécialisés recrutés à l'étranger pour occuper un poste au Luxembourg. Il exonère d'impôt sur le revenu la moitié de leur rémunération brute annuelle, sous conditions, pendant les huit années qui suivent leur arrivée. L'objectif affiché est d'attirer des compétences rares que l'économie locale ne couvre pas.
Le nouveau régime depuis 2025 : 50 % de la rémunération exonérée
Jusqu'à fin 2024, le dispositif fonctionnait par la prise en charge de certains frais liés à l'installation, complétée par une prime d'impatriation partiellement exonérée. C'était utile mais lourd à administrer, avec des justificatifs à réunir poste par poste. Depuis le 1er janvier 2025, un mécanisme unique remplace tout cela : une exonération forfaitaire de 50 % de la rémunération brute annuelle.
La règle est volontairement simple. On prend la rémunération brute annuelle, on en exonère la moitié, et cette moitié échappe à l'impôt sur le revenu. L'exonération est toutefois plafonnée : elle porte sur une rémunération maximale de 400 000 €, ce qui fixe le montant exonéré le plus élevé à 200 000 € par an. Au-delà de 400 000 € de brut, la part qui dépasse est imposée normalement.
Un point mérite d'être posé clairement, car il est la source de la plupart des malentendus : cette exonération vise l'impôt sur le revenu, pas les cotisations sociales. Les cotisations à la sécurité sociale restent dues sur l'intégralité du salaire, dans les règles habituelles et dans la limite du plafond cotisable. Le régime allège la fiscalité du salarié, il ne réduit ni la protection sociale ni les charges patronales.
Les conditions à remplir
Le régime ne se décrète pas, il se vérifie ligne par ligne. Les conditions se répartissent entre le salarié et l'employeur.
Du côté du salarié
Le salarié doit remplir, en particulier, les critères suivants :
- toucher un salaire annuel brut d'au moins 75 000 €, avant avantages en nature ou en espèces ;
- ne pas avoir été résident fiscal luxembourgeois, ni avoir vécu à moins de 150 km de la frontière, ni avoir été imposable au Luxembourg sur ses revenus professionnels, durant les 5 années d'imposition précédant son entrée en fonction ;
- devenir contribuable résident au Luxembourg ;
- disposer d'une expertise et d'une expérience professionnelle spécialisées dans le secteur concerné, généralement établies par au moins 5 années d'expérience.
Cette condition des 150 km explique pourquoi un salarié frontalier classique n'entre pas dans le régime : par définition, il vit tout près de la frontière. L'impatrié, lui, vient de plus loin et s'installe. Si votre besoin porte sur un profil qui reste résident belge, français ou allemand à proximité, c'est un autre cadre, que nous détaillons dans notre guide sur l'emploi d'un salarié frontalier.
Du côté de l'employeur
L'entreprise doit être établie au Luxembourg et le recrutement doit s'inscrire dans une activité réelle. Une limite encadre la générosité du dispositif : le nombre de salariés bénéficiant du régime ne peut, en principe, dépasser 30 % de l'effectif total de l'entreprise. Cette limite ne s'applique pas aux sociétés créées depuis moins de dix ans, ce qui vise clairement les jeunes structures en phase de constitution d'équipe.
À cela s'ajoute une obligation administrative que l'on oublie facilement : l'employeur doit transmettre chaque année à l'Administration des contributions directes la liste nominative des salariés qui bénéficient du régime, avant le 31 janvier de l'année qui suit. Un oubli sur cette liste, et l'avantage peut être remis en cause pour l'année concernée.
| Paramètre | Règle depuis 2025 |
|---|---|
| Part exonérée | 50 % de la rémunération brute annuelle |
| Plafond de rémunération pris en compte | 400 000 € (soit 200 000 € exonérés au maximum) |
| Salaire annuel brut minimum | 75 000 € |
| Antériorité exigée | Non-résident et hors zone de 150 km pendant les 5 ans précédents |
| Durée de l'avantage | 8 ans suivant l'année d'arrivée |
| Plafond d'effectif bénéficiaire | 30 % de l'effectif (sauf sociétés de moins de 10 ans) |
| Nature de l'exonération | Impôt sur le revenu uniquement, pas les cotisations sociales |
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Parler de votre recrutementCe que ça change concrètement : un exemple chiffré
Prenons un ingénieur recruté depuis l'étranger, rémunéré 120 000 € brut par an, éligible au régime. La moitié de sa rémunération, soit 60 000 €, sort de la base imposable à l'impôt sur le revenu. L'impôt ne se calcule donc plus sur 120 000 € mais, pour la partie salaire, sur 60 000 €.
L'effet est massif parce que l'impôt luxembourgeois est progressif : la moitié retirée est celle des tranches les plus hautes, celles qui étaient taxées au taux marginal le plus fort. Le gain pour le salarié dépasse donc largement une simple division par deux de l'impôt, et c'est précisément cet écart de net qui rend une offre luxembourgeoise compétitive face à une offre étrangère. À l'inverse, ses cotisations sociales continuent de se calculer sur l'intégralité du brut, dans la limite du plafond, et lui ouvrent les mêmes droits qu'à tout salarié. Pour comprendre comment ces deux prélèvements s'articulent sur un bulletin, notre article sur comment lire un bulletin de salaire du brut au net détaille la mécanique.
À qui le régime ne convient pas
Soyons directs, car un régime attrayant attire aussi de mauvais paris. Le dispositif ne s'adresse pas à un salarié déjà résident, ni à quelqu'un qui vit près de la frontière depuis des années : la condition d'antériorité l'exclut. Il ne s'adresse pas non plus aux rémunérations sous 75 000 €, qui restent en dehors quel que soit le talent de la personne. Il ne transforme pas une embauche locale en optimisation : chercher à faire entrer de force un profil dans le régime, c'est s'exposer à un redressement, avec les intérêts qui l'accompagnent.
Enfin, ce n'est pas un outil de montage patrimonial. Le régime récompense une mobilité réelle vers un poste réel. Pour les situations complexes, expatriation croisée, structuration de rémunération d'un dirigeant actionnaire, holding, la question dépasse la tenue de la paie et relève d'un conseil fiscal spécialisé. Nous vous le dirons franchement plutôt que de faire semblant de couvrir un terrain qui n'est pas le nôtre.
Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas
Notre rôle est concret et il tient dans la paie. Nous vérifions avec vous les conditions d'éligibilité du candidat avant l'embauche, nous appliquons l'exonération de 50 % directement sur le bulletin de salaire, nous suivons son impact mois après mois dans votre comptabilité, et nous déposons la liste annuelle des bénéficiaires dans les délais. Comme nous tenons vos comptes dans l'Odoo que nous avons déployé, le coût réel de ce recrutement apparaît dans votre situation en temps réel, pas à la clôture.
Ce que nous ne faisons pas : nous ne délivrons pas de conseil fiscal individualisé sur une stratégie de rémunération, et nous ne revendiquons aucun titre réglementé que nous ne détenons pas. Sur un cas limite ou un enjeu patrimonial, nous vous orientons vers le bon interlocuteur. C'est cette combinaison entre tenue de paie et comptabilité en temps réel que décrit notre guide de la fiduciaire au Luxembourg.
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Demander votre forfaitQuestions fréquentes
Quel est le taux d'exonération du régime des impatriés au Luxembourg ?
Depuis le 1er janvier 2025, le régime exonère d'impôt sur le revenu 50 % de la rémunération brute annuelle du salarié impatrié. L'exonération porte sur une rémunération maximale de 400 000 €, soit un montant exonéré plafonné à 200 000 € par an. Elle concerne l'impôt sur le revenu, pas les cotisations sociales.
Quel salaire minimum faut-il pour bénéficier du régime des impatriés ?
Le salarié doit percevoir une rémunération annuelle brute d'au moins 75 000 €, avant avantages en nature ou en espèces. En dessous de ce seuil, le régime ne s'applique pas, quelle que soit la qualification de la personne.
Un salarié frontalier peut-il bénéficier du régime des impatriés ?
Non dans le cas classique. Le régime exige que le salarié n'ait pas été résident fiscal luxembourgeois ni vécu à moins de 150 km de la frontière durant les 5 années précédant son entrée en fonction. Un frontalier qui vit près de la frontière depuis des années ne remplit donc pas la condition d'antériorité.
Combien de temps dure l'avantage fiscal ?
Le régime s'applique pendant les 8 années qui suivent l'année d'arrivée du salarié au Luxembourg. Passé ce délai, la rémunération est imposée dans les conditions de droit commun.
Quelles sont les obligations de l'employeur ?
L'entreprise doit être établie au Luxembourg, respecter la limite de 30 % de l'effectif bénéficiant du régime (sauf sociétés de moins de 10 ans), et transmettre chaque année à l'Administration des contributions directes la liste nominative des salariés concernés, avant le 31 janvier de l'année suivante.
Pour aller plus loin
- Comprendre son bulletin de salaire au Luxembourg : du brut au net
- Combien coûte vraiment un salarié au Luxembourg en 2026
- Employer un salarié frontalier au Luxembourg : paie, retenue à la source et télétravail
- Fiduciaire au Luxembourg : le guide complet pour une PME
- Prix d'une fiduciaire au Luxembourg : forfait, honoraires et coûts cachés
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Étudier une embaucheInformations à jour au 2 septembre 2026, sur la base de la fiche Bénéficier du régime fiscal des salariés hautement qualifiés et spécialisés (impatriés) de Guichet.lu et de l'article 115, point 13b de la loi concernant l'impôt sur le revenu. Cet article informe et ne constitue pas un conseil fiscal individualisé.