Dissoudre, liquider, radier : l'ordre à respecter, le rôle du liquidateur, les comptes de clôture et ce que devient votre TVA. Le déroulé réel, du vote de dissolution à la radiation du registre.

En bref. Fermer une société luxembourgeoise, ce n'est pas appuyer sur un bouton. Il faut d'abord la dissoudre, puis la liquider, avant de la radier du registre. La dissolution se décide en assemblée générale devant notaire, qui nomme un liquidateur ; celui-ci réalise l'actif, paie les dettes et répartit ce qui reste. Une assemblée de clôture approuve les comptes de liquidation, entend un commissaire chargé de les vérifier et donne décharge au liquidateur. Les livres se conservent cinq ans après la publication de la clôture. Depuis la loi du 28 octobre 2022, une coquille vide, sans salariés ni actifs et en infraction grave, peut être dissoute administrativement, sans liquidation. Chez Advena, la comptabilité de cette sortie se tient au forfait, à partir de 325 € par mois.

Vous voulez arrêter votre société : l'activité s'est éteinte, les associés se séparent, ou la structure ne sert plus à rien. La question qui revient est toujours la même, comment fermer proprement, et qu'est-ce que ça coûte ? Fermer une société au Luxembourg suit un ordre précis, dissoudre puis liquider puis radier, et chaque étape laisse une trace comptable. Voici le déroulé réel, du vote de dissolution à la radiation, avec ce que prend en charge votre fiduciaire et les erreurs qui coûtent cher.

Dissoudre, liquider, radier : trois choses différentes

On confond souvent les trois, et cette confusion fait perdre du temps. Dissoudre une société, c'est décider de mettre fin à son existence : elle entre en liquidation mais ne disparaît pas encore. Liquider, c'est l'opération concrète qui suit, vendre ce qui peut l'être, encaisser ce qu'on vous doit, payer ce que vous devez, et répartir le solde entre les associés. Radier, enfin, c'est l'acte administratif qui efface la société du registre de commerce et des sociétés une fois la liquidation close. Tant que la liquidation n'est pas terminée, la société conserve sa personnalité juridique pour les seuls besoins de cette liquidation : elle garde donc un numéro, des obligations et une comptabilité.

La liquidation volontaire, étape par étape

C'est la voie normale quand la société est saine, c'est-à-dire capable de payer ses dettes. La procédure, décrite par Guichet.lu, suit un enchaînement stable.

ÉtapeCe qui se passeQui intervient
DissolutionUne assemblée générale extraordinaire, devant notaire, décide la mise en liquidation, aux conditions de quorum et de majorité propres à votre forme de sociétéAssociés et notaire
Nomination du liquidateurL'assemblée désigne un ou plusieurs liquidateurs ; à défaut, les gérants ou administrateurs en fonction endossent ce rôleAssemblée
Opérations de liquidationRecouvrement des créances, réalisation de l'actif, paiement du passif, y compris les dettes non encore échues, dans le respect des créanciers privilégiés (salaires, impôts, cotisations)Liquidateur
Comptes de liquidationÉtablissement des comptes qui retracent l'ensemble des opérations et dégagent le solde à répartirLiquidateur et fiduciaire
VérificationNomination d'un commissaire à la liquidation, chargé de contrôler les comptes du liquidateurCommissaire
Clôture et quitusUne assemblée ordinaire, sans notaire cette fois, approuve les comptes, entend le commissaire et donne décharge au liquidateurAssemblée
Publication et radiationLa clôture est déposée et publiée au registre de commerce (RESA), puis la société est radiéeRCS

Deux points pratiques que beaucoup découvrent trop tard. Les sommes qui reviennent à un créancier ou à un associé introuvable ne restent pas dans un tiroir : elles sont déposées à la Caisse de consignation. Et les livres et documents de la société liquidée se conservent pendant cinq ans à compter de la publication de la clôture, à une adresse qui doit elle aussi être publiée. Cette conservation ne se confond pas avec l'obligation générale de garder dix ans une comptabilité tant que la société vit, que nous détaillons dans notre article sur les obligations comptables d'une PME au Luxembourg.

La coquille vide : la dissolution administrative sans liquidation

Il existe une voie plus courte, mais elle ne se choisit pas comme une commodité. Introduite par la loi du 28 octobre 2022, la dissolution administrative sans liquidation vise les sociétés commerciales devenues des coquilles vides : sans salariés, sans actifs, et en infraction grave au droit des sociétés (siège introuvable, absence de gérance, comptes jamais déposés). Elle est déclenchée par le procureur d'État, pas par le dirigeant, et confiée au gestionnaire du registre de commerce, qui interroge banques, assurances et administrations avant de conclure. La procédure se boucle en six mois au maximum. Les banques, assurances, fonds d'investissement et sociétés d'avocats en sont exclus, tout comme les sociétés civiles.

Autrement dit, c'est un outil d'assainissement de l'État contre les structures fantômes, pas un raccourci pour éviter une vraie liquidation. Si votre société a encore le moindre actif ou la moindre dette, c'est la liquidation volontaire qui s'applique.

Vous ne savez pas quelle voie s'applique à votre société ? On regarde votre bilan et on vous dit laquelle, en un échange.

Parler de votre fermeture

Ce que devient votre comptabilité pendant la liquidation

Une erreur fréquente consiste à croire que tout s'arrête le jour du vote de dissolution. C'est l'inverse. Pendant toute la liquidation, la société reste tenue à ses obligations comptables : la comptabilité continue selon le plan comptable normalisé, le PCN 2020, et les déclarations de TVA restent dues à leur périodicité. Si la liquidation s'étend au-delà de la date de clôture normale, un jeu de comptes annuels doit être établi et déposé pour la période, sous peine de majorations, comme nous l'expliquons dans notre article sur le dépôt des comptes annuels au Luxembourg.

Le liquidateur, lui, tient des comptes de liquidation qui isolent les opérations de sortie : cession du matériel, solde des comptes clients et fournisseurs, remboursement des comptes courants d'associés. C'est ce document, vérifié par le commissaire, qui justifie la répartition finale. Une comptabilité tenue à jour au moment d'entrer en liquidation fait gagner des semaines ; une comptabilité en retard oblige d'abord à un rattrapage avant même de commencer à liquider.

TVA, impôts et boni de liquidation

La sortie a son propre calendrier fiscal. Sur la TVA, la société dépose ses dernières déclarations, régularise la taxe sur les biens qu'elle conserve ou que les associés reprennent, puis fait radier son numéro de TVA auprès de l'Administration de l'enregistrement, des domaines et de la TVA. La mécanique des déclarations est la même qu'en activité, décrite dans notre guide sur la déclaration de TVA au Luxembourg ; seule la dernière porte la mention de cessation.

Sur les impôts, la période de liquidation reste soumise à l'impôt sur le revenu des collectivités, à l'impôt commercial communal et à l'impôt sur la fortune, dont nous détaillons le calcul dans notre article sur l'impôt des sociétés au Luxembourg. Pensez à demander l'ajustement des avances d'impôt, sinon vous payez sur un résultat qui n'existe plus.

Reste la question qui intéresse les associés : le boni de liquidation, c'est-à-dire l'excédent réparti une fois toutes les dettes payées. Sa répartition obéit à un régime fiscal particulier, différent selon que le bénéficiaire est une société, une personne physique résidente ou un non-résident. C'est précisément le genre de point qu'il vaut mieux cadrer à froid avec un conseil avant de signer la clôture, plutôt que de le découvrir sur un avis d'imposition. Nous informons sur le principe et nous vous orientons vers la bonne compétence, sans trancher à sa place.

Combien coûte la fermeture d'une société ?

Il n'y a pas de tarif unique, parce que la facture dépend de la complexité réelle. Une fermeture met en jeu plusieurs intervenants : le notaire pour l'acte de dissolution, les honoraires éventuels du liquidateur et du commissaire, les frais de dépôt et de publication au registre, et la fiduciaire pour les comptes de liquidation et les dernières déclarations. Une société sans dette, sans stock et sans litige se liquide vite et à moindre coût ; une société avec des actifs à céder, des comptes en retard ou des associés en désaccord coûte davantage, en argent et en temps. Nous ne mettons pas de chiffre magique sur une fermeture que nous n'avons pas regardée. En revanche, la partie comptable, tenue et dernières déclarations comprises, entre dans notre forfait, à partir de 325 € par mois, tout compris et sans facturation à l'heure. Le détail des modèles de facturation du marché est dans notre article sur le prix d'une fiduciaire au Luxembourg.

Le rôle d'Advena dans une fermeture

Fermer proprement, c'est surtout ne rien oublier au mauvais moment. Nous tenons vos comptes dans l'Odoo que nous avons déployé chez vous, ce qui veut dire que vos flux bancaires, vos factures et votre TVA sont déjà à jour le jour où vous décidez d'arrêter. Concrètement, nous préparons les comptes de liquidation à partir d'une comptabilité qui n'a pas de retard à rattraper, nous cadrons les dernières déclarations de TVA et le dernier exercice fiscal, et vous voyez en temps réel ce qu'il reste à réaliser et à répartir. C'est la même logique que sur une création, où nous cadrons la première année plutôt que de la subir, comme nous le décrivons dans notre guide sur la comptabilité en année 1. L'entrée et la sortie d'une société se pilotent avec les mêmes outils.

À qui la liquidation volontaire ne convient pas

Disons-le franchement. La liquidation volontaire suppose que la société peut payer ses dettes. Si elle est en cessation de paiements, incapable de faire face à son passif exigible, ce n'est plus une liquidation que vous choisissez, c'est une faillite que vous devez déclarer au tribunal, dans des délais stricts. Tenter de liquider à l'amiable une société insolvable expose le dirigeant, il ne faut pas s'y risquer seul. De même, si votre structure est une coquille vide déjà en infraction, c'est la dissolution administrative de l'État qui a vocation à jouer, pas une procédure que vous lancez. Dans les deux cas, nous vous le disons au premier rendez-vous et nous vous orientons vers l'avocat ou le mandataire qui convient.

Vous arrêtez votre société cette année ? On cadre la partie comptable et fiscale de la sortie, sans mauvaise surprise.

Demander votre forfait

Questions fréquentes

Quelle différence entre dissoudre et liquider une société au Luxembourg ?

Dissoudre, c'est décider de mettre fin à la société, qui entre alors en liquidation sans disparaître. Liquider, c'est l'opération qui suit : réaliser l'actif, payer les dettes et répartir le solde. La radiation au registre n'intervient qu'après la clôture de la liquidation. Entre la dissolution et la radiation, la société garde sa personnalité juridique et ses obligations comptables.

Faut-il un notaire pour fermer une société au Luxembourg ?

Oui pour l'acte de dissolution : la décision de mise en liquidation se prend en assemblée générale extraordinaire devant notaire. L'assemblée de clôture qui approuve les comptes de liquidation et donne décharge au liquidateur, elle, ne requiert pas de notaire.

Combien de temps dure une liquidation volontaire ?

Cela dépend de ce qu'il y a à liquider. Une société sans dette ni actif se clôture en quelques semaines ; dès qu'il y a des biens à vendre, des créances à recouvrer ou des litiges, la procédure s'étale sur plusieurs mois, voire davantage. La dissolution administrative sans liquidation, elle, est bornée à six mois maximum.

Doit-on continuer à tenir la comptabilité pendant la liquidation ?

Oui. La société reste tenue à sa comptabilité selon le PCN 2020 et à ses déclarations de TVA pendant toute la liquidation. Si la liquidation dépasse la date de clôture normale, des comptes annuels doivent être établis et déposés pour la période. Le liquidateur tient en plus des comptes de liquidation qui justifient la répartition finale.

Peut-on fermer une société sans liquidation ?

Seulement dans un cas précis : la dissolution administrative sans liquidation, créée par la loi du 28 octobre 2022, qui vise les sociétés sans salariés ni actifs et en infraction grave. Elle est déclenchée par le procureur d'État, pas par le dirigeant. Une société qui a encore des actifs ou des dettes doit passer par une vraie liquidation.

Pour aller plus loin

Pourquoi Advena ?

Nous sommes la seule fiduciaire luxembourgeoise qui tient vos comptes dans l'outil de gestion qu'elle a elle-même déployé chez vous. Le jour où vous décidez d'arrêter, votre comptabilité n'a pas de retard à rattraper : les comptes de liquidation et les dernières déclarations se préparent sur une base à jour, et vous suivez en temps réel ce qu'il reste à réaliser et à répartir. Un forfait annoncé d'avance à partir de 325 € par mois, un gestionnaire de dossier identifié, aucune facture surprise. Nous informons sur la règle et nous vous orientons vers l'avocat ou le mandataire spécialisé quand la situation le demande, sans revendiquer un titre réglementé que nous ne détenons pas.

Procédure en vigueur au 7 août 2026, sur la base des fiches Dissolution et liquidation volontaire et Dissolution administrative sans liquidation de Guichet.lu, ainsi que de la loi modifiée du 10 août 1915 concernant les sociétés commerciales et de la loi du 28 octobre 2022. Les règles peuvent évoluer : vérifiez la source officielle avant toute décision engageante. Cet article informe et ne remplace pas l'analyse de votre situation.

Dites-nous où en est votre société, on vous dit ce qu'il reste à faire pour la fermer proprement.

Parler de votre dossier